Expériences

Le matériel photo en safari

La technologie numérique a bouleversé la photographie animalière en permettant l'usage de sensibilités élevées, jusqu'à 3200 ou même 6.400 ISO avec les boitiers (reflex) modernes, et en permettant de changer cette sensibilité à chaque photo. L'histogramme et l'affichage ont aussi permis une vérification immédiate du résultat. En safari, un boitier reflex numérique (à objectifs interchangeables) sera donc idéal. Pour qui veut voyager très léger, un bridge permettra aussi de faire de bonnes photos.

Beaucoup plus important sera le choix du ou des objectifs.

Pour un premier safari et un budget serré, on peut conseiller un objectif 80-400mm ou 100-400mm (selon les marques) qui couvre la plus part des situations, sauf peut être le paysage et les oiseaux.

Pour un budget beaucoup plus important, on pourra envisager un ensemble de deux boitiers (pour éviter les changements d'objectifs), un 70-200mm qui est un outil très polyvalent, et un 300mm. Avec un boitier au capteur APS-C, on disposera donc d'un équivalent 450mm environ (selon les marques). On pourra compléter avec un multiplicateur 1,4 de même marque que le 300mm, et qui fera perdre un diaphragme d'ouverture maximum.

Pour un budget encore plus important, on remplacera le 300mm par un 400mm, ou un 500mm, ou encore par un 200-400mm disponible chez Nikon et Canon. De nouveaux objectifs sont apparus comme le 200-500 (Nikon) ou les 150-600 de Tamron ou Sigma.

Un téléobjectif puissant nécessite d'être parfaitement stable pour éviter le flou de bougé. Même si la stabilisation automatique équipe de nombreux objectifs, deux accessoires sont indispensables en safari : le monopode et le sac de riz. On utilisera l'un ou l'autre selon la disposition du véhicule. Le trépied ne sera éventuellement utile qu'en dehors du véhicule.

Quelle contenance choisir pour les cartes mémoire ? L'idéal est une contenance d'environ 400 photos (4GB en jpg ou 8GB en Raw), ou à peu près une demi journée de safari : ainsi on ne change pas de carte sur le terrain, et on ne met pas tous ses oeufs dans le même panier. La sauvegarde des cartes mémoire, après chaque demi-journée, sera assurée par un, idéalement deux, vide-cartes (Hyperdrive Colorspace ou Nexto Extreme), ou un ordinateur portable et un vide-cartes afin de toujours posséder 2 copies de ses images. Après la sauvegarde, la carte mémoire doit être formatée dans le boitier qui l'utilisera.

Une batterie supplémentaire par boitier sera utile, surtout en bivouac ou l'accès à l'électricité ne sera pas garanti.

Et enfin, même si dans 99% des cas votre guide verra les animaux avant vous, une paire de jumelles sera utile.

Dernier accessoire indispensable, les sacs poubelle. Il protègeront de la poussière et de la pluie le sac photo, et le boitier- objectif pendant les périodes sans prise de vue. En prévoir un certain nombre !

Ou partir ?

En matière de safari, chaque pays est différent en terme de paysages, d'animaux, de budget ou de style de safari. Je vous livre ici un condensé de mes expériences, condensé évidemment subjectif car la réussite d'un safari dépend de la saison, de la météo, du guide, du groupe,....

Le Kenya

C'est le pays d'Afrique de l'est le plus proche de l'Europe, et l'un des plus connus pour ses safaris. C'est en général le pays ou le budget safari est le moins élevé.

La réserve du Masai Mara est connue pour sa densité élevée d'animaux, et de touristes ! Mais avec un bon voyagiste et un bon guide, il est possible d'éviter la foule.

Moins connues, les réserves du Nord Kenya sont très intéressantes : Meru se relève après longue période de braconnage ; Samburu est un parc magnifique, avec une densité d'animaux élevée et des paysages superbes ; Shaba et Buffalo Springs sont peu fréquentés par les touristes, et si les animaux y sont plus farouches, l'expérience y gagne en authenticité.

Les lacs de la vallée du Rift (Nakuru, Bogoria et Naivasha) sont un paradis pour les amoureux d'oiseaux et de beaux paysages.

Le parc d'Amboseli par temps couvert ou sous la pluie, et sans voir le Kilimanjaro, est une morne plaine qui parait sale, et ou les minibus se concentrent immédiatement dès qu'il y a quelque chose à voir. Le lodge ou j'étais n'avait même pas de point d'eau pour occuper les moments creux. Bref une expérience pas vraiment intéressante, mais il y a surement moyen d'avoir plus de chance !

Situé au sud du Kenya, un peu à lécart des grandes routes touristiques, le parc national de Tsavo Ouest est peu connu et assez peu fréquenté. Il offre de très beaux paysages de collines basaltiques, des pistes de terre rouge et le Kilimanjaro en toile de fond. On y recontre tous les grands animaux africains (les 'big 5'), et même des éléphants roses (rouges en fait à cause de la couleur de la terre), et de nombreux oiseaux. Un sanctuaire cloturé habrite le très rare rhinocéros noir. Un parc qui se mérite (300 km de piste depuis Nairobi !) mais un parc attachant. Souvenirs de lumières fantastiques, de contrastes de couleurs, ....

La Tanzanie

Le parc le plus connu est le très photogénique Serengeti. C'est un parc immense au réseau de pistes peu dense; comme le 'hors piste' y est interdit, il peut être frustrant pour un safariste non averti de voir trop souvent les animaux de loin. Lorsque l'action se déroule près de la piste, les véhicules s'agglutinent rapidement, survolés par un cercle de vautours.

Le cratère du Ngorongoro est une caldeira magnifique, un véritable jardin d'Eden qui rassemble dans un espace relativement limité une grande variété d'animaux, dont certains rares (rhino noir). Tout est donc réuni pour réussir de belles photos, mais il faudra éviter de cadrer les nombreux véhicules, de couleur voyante le plus souvent !

Moins fréquenté, le parc du Tarengire offre de beaux paysages parsemés de baobabs et traversés par des troupeaux d'éléphants. Le parc Manyara est lui connu pour ses troupes de girafes.

La Zambie

La Zambie est un pays relativement peu fréquenté par les francophones, les tarifs y sont généralement élevés. Le parc du South Luangwa possède un densité d'animaux élevée, et les guides locaux sont bien formés. Avec de la chance, on pourra photographier le rare bec en sabot.

L'Afrique du sud

A l'ouest du parc Kruger, un ensemble de réserves privées (Sabi Sand, Timbavati,..) offrent un environnement et une organisation très favorables à la photographie animalière. Ces réserves, composées de concessions privées, forment avec le Kruger une vaste région sans barrière ou les animaux circulent librement. La densité d'animaux est élevée, les guides et pisteurs sont très bien formés, et contrairement aux parcs nationaux, la pratique du hors piste et le safari de nuit sont autorisés dans certaines limites. Le prix de la journée varie selon la catégorie du lodge, la superficie et l'emplacement de la concession.
L'aspect très organisé des concessions, les communications radio entre véhicules, peuvent géner les photographes à la recherche d'authenticité, mais le résultat est souvent au rendez vous : des photos d'animaux difficiles à trouver et à photographier comme le léopard par exemple.

Le Botswana

L'Okavango est un immense delta ou le fleuve ne se jette pas dans un océan mais se 'perd' en multiples ramifications dans le désert. C'est une région splendide, mélange d'eau, de végétation, de désert, le tout changeant au gré des saisons et du débit du fleuve. Paysages ou animaux, la photographie y est très variée et agréable, et on peut y voir des animaux rares comme le lycaon. Les safaris sont organisés par des concessions privées ou des parcs nationaux, pour des prix en général assez élevés.

Le désert du Kalahari central est une immense région semi aride qui occupe une grande partie du Botswana. On y trouve quelques pistes, des emplacements de bivouac, et quelques rares lodges. On peut donc y circuler des jours sans rencontrer de touristes. Des Bushmen semi nomades y vivent encore, et l'on peut y rencontrer le lion à crinière noire du Kalahari. Un safari dans cette région s'adresse à des passionnés, et ne s'improvise pas vu le manque d'infrastructures.

La Namibie

Les paysages du Damaraland ou du désert du Namib sont magnifiques et méritent à eux seuls le déplacement. Un voyage en Namibie comporte le plus souvent une longue boucle, se terminant en point d'orgue au parc national d'Etosha pour la photo animalière. C'est un type de safari différent, ou l'on roule plusieurs heures par jour, et ou l'on s'arrête le soir pour bivouaquer. Beaux souvenirs garantis ....

Le Brésil

Le Pantanal est la plus grande zone humide du monde. Classé 'Réserve mondiale de la biosphère' par l'Unesco, c'est une véritable mosaique d'écosystèmes, très riches tant du point de vue végétal qu'animal. On y rencontre plus de 600 espèces d'oiseaux et de nombreux mammifères comme le capybara (le plus gros rongeur du monde), le cerf des marais, le tamanoir, la loutre géante ou le tapir. Et avec de la persévérance et de la chance, on pourra peut être voir le jaguar, le puma ou le loup à crinière ! Le Pantanal abrite aussi une énorme population de caimans que l'on voit absolument partout, occupant le moindre point d'eau. On estime aujourd'hui que leur population serait de plus de 30 millions d'individus; ce qui fait du Pantanal le plus grand sanctuaire de sauriens du monde.

Les pistes étant rares, le 'safari' se déroule le plus souvent en barque à moteur, ce qui rend la photographie au téléobjectif assez délicate.

L'Ethiopie

Située dans la corne de l'Afrique, l'Ethiopie est un pays différent à bien des égards. Deuxième pays d'Afrique par sa population, deuxième plus ancienne nation chrétienne, elle est considérée comme le berceau de l'humanité.

Essentiellement constituée de hauts plateaux, on y trouve un nombre très important d'espèces endémiques chez les oiseaux et les mammifères : le loup d'Abyssinie (canidé le plus rare au monde), le nyala de montagne, le babouin gélada,.....

Malgré la pauvreté des infrastructures et la mauvaise qualité de certaines pistes, un voyage photographique en Ethiopie présente un intérêt certain, pour celui qui recherche quelque chose de différent.